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Adalbero Laudunensis
Rythmus Satiricus
trad. Sébastien Bricout, 2005.


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[texte latin et commentaire]

INTRODUCTION.
        Le commentaire critique du Rythmus satiricus, poème en 28 strophes ambrosiennes, contient des addenda et corrigenda ajoutées en juin 2005.

        Autant l’attribution par F. Brunhölzl (« Adalbéron de Laon » dans Histoire de la littérature latine du Moyen Age II De la fin de l’époque carolingienne au milieu du XIe siècle, Louvain-la-Neuve, 1996, pp. 235-236) du poème à un clerc de l’entourage d’Adalbéron peut être plausible, autant celle à un chanteur ambulant est hautement improbable à cause des multiples références littéraires. Ce qui incite pour lui à ne pas attribuer le poème à Adalbéron c’est que le ton, l’ancienneté et la comparaison avec le Carmen ad Rotbertum regem sont par trop différents mais ces arguments ne sont pas dirimants.

TRADUCTION FRANCAISE.
        Je tiens à remercier particulièrement Monsieur Jean Meyers, professeur de latin à l’Université Paul Valéry de Montpellier, pour sa relecture attentive et les corrections apportées pour améliorer la traduction du Rythmus satiricus que je lui avais soumise.

1 La ruse de Landri s’efforce,
De tout le zèle de son énergie,
De bouleverser régulièrement
La monarchie du vaste globe.

2 Il est une pierre au Sion
Qu’on nomme « rocher du scandale »
Qui est tombée sur la tête
D’Achitophel déjà sept fois.

3 Mais quand la pierre ne tombe qu’une fois,
Elle tombe avec sept fois plus de force ;
Ainsi avons-nous vu le Bourguignon
Moralement écrasé.

4 La Bourgogne a fait renaître
Achitophel à notre époque
Mais Absalon à la longue chevelure
A méprisé son conseil.

5 Souvent il pénètre dans les palais
Des rois, le loup-garou.
Il cache son museau dans ses fourrures
En dissimulant son poitrail avec fourberie.

6 Déjà, plus vaurien que Catilina,
Il offre le baiser à ses amis,
Et il tend des pièges
Gorgés de la saveur du fiel.

7 Ce nouveau Jugurtha ne parle pas
avec bonne foi mais de la bonne foi
En rendant des inimitiés
À la place d’amitiés sincères.

8 À l’approche du trône des rois,
Il les salue sans les aimer,
Mais il est comme une hutte
Elevée sur un champ de concombres.

9 On n’a ni entendu dans Théman
Ni découvert dans Chanaan
Ce premier rire sur le visage
1,
Qu’ignorent les amis.

10 Mais l’évêque a compris
Qu’il était triste d’être dans le clergé.
On va de Chelles à Vorges,
De Vorges à Paris.

11 L’éclat de son rire gras
Cause le désordre du royaume.
Il va uriner contre la clôture
Celui qui sait séduire les rois.

12 Il bouleverse l’état des princes,
Cet ennemi de la noblesse franque,
Et court en répandant ses rires
Comme le gras Vulpennius.

13 Adalbéron ne saisit pas
Pourquoi rit Achitophel ;
Il porte des renards en son cœur
Celui qui ne sait épargner ses amis.

14 Le pendard, armé de ruses,
Enlève à Henri sa Femme
Auparavant ses faveurs à Gui
Craignant la perspicacité de l’épouse.

15 L’épouse gagne la Gascogne,
Achitophel la malignité
En troublant tout le pays
Par le fardeau du serment.

16 Il renverse les bornes de l’honneur
En entrant dans le palais du roi
« Qu’Henri soit sacristain ! »
Déclare le fils de Bodon

17 « Que le roi Hugues soit moine,
Le roi Robert évêque,
Le premier ayant vie simple
L’autre douceur de la voix. »

18 Une obscure légion de tromperies
Règne dans la poitrine de Landri,
Dont l’autorité de Nabuzardan
Protège les opinions.

19 Par ses éclats de rires bruyant, il dévoile sa ruse,
Ses desseins et préjudices ;
Ses poignards sont aiguisés
Par la dureté de sa perfidie.

20 La violation de ses promesses
Est présentée astucieusement
Sous le couvert de paroles
Dans un bourbier de mensonges.

21 Une salive mêlée de tromperies
Se cache dans ses éloges ;
Des paroles pleines de dangers
Se cachent dans ses moindres syllabes.

22 Il a fait revivre les noces
Illicites d’Hérodiade
Pour ses baisers incestueux,
Il espère les murailles de Provins.

23 Le maître d’hôtel impie
S’est réjoui devant ces murailles
D’augmenter sa puissance ;
S’en est réjoui devant ces noces.

24 Le roi a dormi dans un lit douillet
Avec l’autorité pontificale de Landri ;
Dort aussi la promesse de Berthe,
Et le Bourguignon est en fureur.

25 Notre tout nouvel Eglon,
De loin le plus honteux de tous,
S’est nourri à bien des tables :
Il ne plaît pas aux Provinois !

26 Comme la lune, il connaît des changements ;
Le voilà brisé dans ses divers espoirs ;
Il n’a jamais perdu Provins,
Car il n’a jamais pu l’avoir.

27 Que l’on grave sur une lamelle de plomb,
Pour que ne s’en perde la mémoire,
Pour que nos descendants en soient prévenus
Si d’aventure il relevait après la mort :

28 « La prospérité d’Achitophel
C’est l’asservissement de l’Europe !
Chaque jour, il est pire ;
Même s’il meurt bientôt, il sera trop tard ! »


1 Monsieur Meyers croit que vultibus est meilleur à vulpibus (?).



BIBLIOGRAPHIE.

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